8 mm Mannlicher

La cartouche Modèle 1888 possède un étui en laiton de forme bouteille avec un bourrelet. L'amorçage est du type Berdan à un seul évent. Elle est chargée à poudre noire. La balle est cylindro-ogivale, elle comporte un noyau de plomb et une chemise en acier. Avec la poudre sans fumée, apparaît le Modèle 1888/90 et 1893, l'étui est renforcé.

A partir de 1893, la poudre autrichienne Schwab est souvent remplacée par de la nitrocellulose de type allemand en petites paillettes carrées lissées et graphitées. Néanmoins sur des spécimens tchèques de 1925 (SB) on retrouve la poudre en disque.

La vitesse initiale dans le fusil
M. 1895, canon de 790 mm est de 620 m/s pour une énergie initiale de 300 kg/m.

Dans la carabine et dans le fusil court dit 95 m ou Stützen avec des canons de 500 et 595 mm, ces valeurs passent à 580 m/s et 260 kg/m, 750 m/s et 360 kg/m respectivement.

Dans la mitrailleuse d'infanterie 07/12 à canon de 525 mm, la Vo est de 600 m/s pour une énergie de 280 kg/m.

8 mm Mannlicher 8 mm Mannlicher

H/XI/1912. H/XI: Hirtenberger, fabrication du mois de novembre 1912.


Synonymes:
8 mm Mannlicher autrichien.
8 mm Mannlicher bulgare.
8 x 50 R.
8,2 x 50,5 R.

Cotes moyennes:
Diamètre de la balle: 8,19 mm.
Diamètre de l'étui au collet: 8,73 mm.
Diamètre de l'étui à la base: 12,49 mm.
Diamètre de l'étui au culot: 14,92 mm.
Longueur de l'étui: 50,60 mm.
Longueur totale: 76,20 mm.
Poids de la balle: 25,7 g.

Variantes:
Cartouche à balle traçante M. 17 joint d'amorce ou amorce rouge.

Cartouche à balle perforante M. 08, la balle est cylindro-ogivale pointue et possède une chemise en acier plaquée de cupronickel.

Cartouche à balle incendiaire M. 17, la balle est cylindro-ogivale pointue avec une chemise en acier. Joint d'amorce ou amorce bleue. Ce type de balle peut être monté sur des étuis de 50, 52 ou 55 mm.

Cartouche à balle incendiaire M. 18, la balle est pointue et possède une chemise en acier. Joint d'amorce ou amorce bleue. Cette balle peut être montée sur des étuis de 50 ou 52 mm.

Cartouche à balle explosive, la balle à une forme de champignon, elle comporte un percuteur à la tête et une charge explosive dans la partie cylindrique.

Cartouche de garde M.13, le noyau est en plomb, la chemise en acier est partiellement pré-fendue.

Cartouche de tir réduit, le noyau est en plomb avec une chemise partielle en acier.

Cartouche de stand, la balle est à pointe creuse.

Cartouche à blanc M. 88/93, la balle est en papier rouge ou orange, la pointe est noire. Cette cartouche est chargée à poudre noire.

Cartouche à blanc M. 07, la balle est en papier bleu (pour mitrailleuse).

Cartouche à blanc M. 25, la balle est en bois bleu.

Cartouche propulsive sans balle, l'étui est fermé par une bourre, le bourrelet est cranté. Le culot est peint en rouge.

Cartouche de simulation d'artillerie M. 15, la cartouche sans balle, possède une bourre en feutre rouge. Le culot est peint en argent.

Cartouche inerte avec balle bois naturel.

Cartouche inerte avec balle bois rouge, l'étui porte six encoches.

Cartouche inerte nickelée.

Cartouche inerte avec balle en aluminium à tête aplatie.

Cartouche inerte, étui laiton, joint de sertissage rouge, balle acier, amorce percutée d'origine, Bulgarie.



CA entrelacé/lion Bulgare/1918. CA: code inconnu, fabrication bulgare de 1918.


Utilisation:
Fusils Mannlicher 1888, 1888/90, 1895.

Carabine Mle 1895.

Mitrailleuses Maxim, Skoda et Schwarzlose 07/12.

Fabrications étrangères:

Afghanistan :
Fabriqué par les armuriers Pashtungs, à Herat, cette cartouche ne possède aucun marquage, l'étui est en laiton de fabrication local, l'amorce est convexe, également en laiton.

Allemagne:
L'Allemagne à fabriqué cette cartouche pendant la première et la deuxième Guerre Mondiale, en version à balle ordinaire et à blanc. Cette cartouche figure au catalogue de la DWM sous le numéro 358 avec un certain nombre de sous-variantes.

- La DWM 358 est une cartouche de 8 x 50 r de base, à balle ordinaire, généralement chemisée de cupronickel.
- La DWM 358 l est la version inerte de manipulation chromée.
- La 358 A est un modèle à étui renforcé.

- Les trois munitions ci-dessus sont données pour correspondre au modèle 1888 autrichien.

- La 358 B est la cartouche à balle ordinaire M 1888/90, et la 358 B l est le modèle en fausse cartouche chromée.
- La 358 C est la variante la plus courante, elle correspond au modèle 1893 à balle ordinaire, mais le projectile n'est pas chemisé d'acier nu.
- La 358 D est donnée pour une cartouche d'exercice (tir réduit) dite Zielübüng DWM 5,15 x 56r sur laquelle on ne connais pas grand-chose, en admettant qu'elle ait été fabriquée.
- Les 358 E et F correspondent à deux variations adoptées par la Bulgarie en tant que cartouche de fusil modèle 1893, mais avec la version longue de l'étui destinée à monter un projectile à profil ogival dit Torpedo, du moins pour la première. Les longueurs d'étui sont données pour 54,70 mm et les calibres nominaux respectivement pour 8,38 et 8 ,23 mm..
- On rencontre également une fausse cartouche signée Lorenz Karlruhe, société ayant donnée naissance à la DWM. On peut la dater des environs de 1890. Elle comporte un étui standard portant soit une simple chemise creuse en acier soit un projectile usiné dans une sorte de matériau plastique noir. Le puits d'amorce est bouché.

Bulgarie:
La Bulgarie adopte le fusil Mannlicher et sa munition en tant que modèle 1893. Il semble que seules des cartouches à balle ordinaire aient été d'abord importées d'Autriche-Hongrie, puis de France et de Tchécoslovaquie (après 1919) et enfin construites sur place à Sofia. Les cartouches bulgares portent généralement sur leur marquage le symbole d'un lion dressé, mais les munitions de contrat fournies par la Société Française des Munitions en 1893, 1894 et 1904 peuvent être soit non marquées, soit présenter un marquage à 4 secteurs et millésime de date, soit simplement le symbole classique de la SFM avec les étoiles et les lettres G entrecroisées. Les projectiles sont chemisées de maillechort et donc non-magnétiques, alors que les productions de Sofia ont une chemise acier, cupronickelée ou cuivrée.

Grande-Bretagne : La cartouche de 8 x 50r Mannlicher figure au catalogue de Kynoch, principal cartouchier anglais. Il existe un contrat pour la Bulgarie en 1924, pour lequel les munitions sont à balle ordinaire chemisée d'acier cupronichelé assez nettement sertie. L'étui se distingue par un fond rigoureusement plat. Un bourrelet à chanfrein périphérique, un vernis d'amorce violet et la mention M.93 à 12 h sur ce marquage à secteur.

Beaucoup plus tard, dans les années 1950, Kynoch-ICI produira quelques lots de cartouches à blanc pour le cinéma, avec un étui coupé de moitié, fermé en rosette à 6 plis et le simple marquage Kynoch 8 mm.

Grèce :
Ce pays a récupéré un certain nombre de fusils et de mitrailleuses sur les Bulgares à la suite de la Première Guerre Mondiale. La production locale de la munition a été entreprise par les Poudreries et Cartoucheries Helléniques pour le compte de l'armée grecque dès les années 1920.

Hongrie :
Très limité au point de vue armement par les séquelles du Traité de Trianon, la Hongrie nouvellement indépendante passe d'abord par une guerre civile après la crise de pouvoir éphémère de Bela Kun, qui la transforme pour quelques temps en République Populaire. Les usines austro-hongroises situées en territoire Magyar continuent à ce moment à fabriquer les cartouches de 8 x 50r, en remplaçant l'aigle bicéphale de l'empire par une ou plusieurs étoiles à cinq branches. Après la conquête du pouvoir par les Blancs de l'amiral Horthy, les fabrications reprennent peu à peu dans l'industrie privée et à l'arsenal d'Etat de Csepel, avec de nouveau des marquages individualisés. Le calibre sera systématiquement remplacé partir de 1931 en 8 x 56r en pratiquement toutes les armes seront rechambrées.

Indes :
Ces cartouches ont été fabriquées par l'Arsenal de Kirkee, les indes étant à cette époque sous tutelle Britannique.

Il est très possible que les armes auxquelles ces munitions étaient destinées aient été des carabines et des fusils de prise, distribués à certaines unités indigènes. Le marquage indiquant le calibre est particulier, 8 mm/.315" et le sigle de Kirkee n'est pas accompagné de la Broad Arrow, Indian Pattern.

Italie :
L'Italie, durement éprouvée par la Grande Guerre, reçoit, au titre des réparations une grande quantité d'armes et de munition autrichiennes en tous genres. Fusils et carabines M. 1895, mitrailleuses Schwarzlose vont rejoindre les prises de guerre au milieu d'un arsenal assez hétéroclique. Ces armes sembles avoir été exclusivement attribuées aux unités indigènes des colonies italiennes, en Lybie et Somalie, puis Erythrée et Ethiopie.

L'Italie utilise d'abord le stock de munitions d'origine, puis va en importer d'Autriche. La société Hirtenberger va fabriquer des cartouches à balle ordinaire, en attendant la mise en fabrication de ce calibre chez les cartouchiers italiens tels que Bombrini-Parodi-Delfino ou la Societa Metallurgica Italiana, ou même la Pyrotechnie Militaire de Bologne, de 1936 à 1940.

La version italienne est chargée de Solénite et les projectiles sont chemisés d'acier cupronickel parfois, mais le plus souvent de tombac.

Il existe d'autres variantes de chargement typiquement italienne :

- Cartouche à mitraille, utilisable pour le maintient de l'ordre, avec un projectile composé d'un tube de laiton contenant 8 demi-cylindres de plomb et une balle sphérique, fendu longitudinalement.
- Cartouche à blanc pour fusil et carabine, montant un projectile en bois creux teinté en orange et à l'extrémité arrondie.
- Cartouche à blanc pour mitrailleuse, avec également un projectile en bois mais teinté de vert, à profil pointu, légèrement sous-calibré sur l'ogive, ce qui lui donne une sorte de ceinture postérieure juste au-dessus des lèvres du collet.
- Une fausse cartouche obtenue à partir de munitions autrichienne réformées, avec une amorce neutralisée et une finition chromée.
- Une seconde fausse cartouche de type italien, avec fausse balle flutée longitudinalement et noircie chimiquement, et une tige de bois comme renfort intérieur, allant de la portion supérieure de l'ogive jusqu'au puits d'amorce évidé.

Pologne :
Après l'indépendance, la Pologne dont une bonne partie du territoire se trouvait précédemment sous domination autrichienne récupère elle aussi quelques armes, sous la forme de fusils M. 1895.

La cartouche va être brièvement fabriquée par Pocisk Akcyjna à Varsovie et l'on relève des spécimens marqués du sigle PK à 12 heures. Il existe une cartouche à blanc sur le modèle polonais, avec fausse balle en bois brun ou rouge.

Tchécoslovaquie :
Héritant d'une partie de l'industrie militaire austro-hongrois, ce pays devient pendant les vingt années de l'entre deux guerres un exportateur d'armes réputé. Sellier & bellot, va exporter des munitions vers plusieurs pays dont la Bulgarie, vers les années 1930, ainsi que la Société Povazske, en Slovaquie. L'usine de Josef von Rosthorn à Bratislava est récupérée par le gouvernement tchèque qui en fera un arsenal d'Etat.

Après la Seconde Guerre Mondiale, la 8 x 50r Mannlicher sera encore brièvement produite par Zbrojovka Brno, pour usage civil, avec un marquage classique de cette compagnie avec un anneau d'amorce vert.

Marquages de culot des 8 x 50r autrichiennes :
Le marquage autrichien comporte presque toujours les quatre segments le divisant en quatre cadrans :
- A 12 h, en chiffres romains le mois (I à XII),
- A 6 h le code de fabricant, dans le cadre de l'industrie privée ou l'aigle,
- A 9 h et 3 h, la date en clair. Ce système subit quelques modifications, inversion des données 12 h - 6 h, omission des segments (rare, sauf cartouches expérimentales), modification de l'aigle qui perd une de ses têtes ou sa couronne en 1918-1919 puis se transforme en aigle à swastika avec l'Anschluss.

A la suite de ce dernier événement, les allemands vont rapidement imposer aux usines ex-autrichienne la standardisation avec les codes du Reich.

On peut encore trouver certains symboles : un ou plusieurs points en surcharge dénotent les rechargements d'arsenal d'étuis tirés. Un petit triangle indique par contre un étui de cartouche à blanc rechargé à balle. Ce qui est pour le moins surprenant. Certaines surcharges sous la forme de lettres minuscules comme o.s.p. n'ont pas été élucidées.

On rencontre de 1888 à 1918 les initiales suivantes :
- A ou AZF : Artillerie Zeugfabrik, Vienne (Arsenal d'Etat),
- BMF : Berndorfer Metallwarenfabrik, Bernadorf (basse-Autriche),
- CA entrelacés : symbole non identifié,
- GR entrelacés : Georg Roth Aktiengesellsschaft, Vienne et Lichtenworth,
- H: Hirtenberger Patronenfabrik, Hirtenberg, (Basse-Autriche),
- JR: entrelacés: Josef von Rosthorn, Ozd (Basse-Autriche, actuellement Hongrie) et Pressburg (actuellement Bratislava),
- K & C : Keller & Cie, Vienne,
- MF : autre marque de Munitionsfabrik Wöllersdorf,
- N : symbole non identifié,
- RM : initiales de Rheinische Metallwaren und Maschinenfabrik à Sommerda, ultérieurement Rheinmetall,
- SB : Sellier & Bellot, Prague,
- SK: Séraphin Keller, Vienne, ancienne marque de K & C,
- W : Manfred Weiss A.G., Budapest,
- Aigle bicéphale couronné: jusqu'à 1902 = AZF; ensuite Munitionsfabrik Wöllersdorf.

Après 1918, beaucoup de ces marquages disparaissent, GR va fusionner avec Hirtenberger, l'aigle bicéphale perd sa couronne et correspond à la nouvelle raison social de l'arsenal autrichien n°1 : Staatsfabrik Wöllersdorf.

Empaquetage austro-hongrois et autrichien :
Les cartouches sont systématiquement livrées en boîtes de carton contenant deux clips de cinq cartouches, y compris celles destinées à être montées sur bande, et qui devaient donc être extraites de leur lame-chargeur avant utilisation. La seule raison valable à cet état de fait est que sans son cilp, le fusil réglementaire devient inutilisable. Le clip peut avoir une morphologie variable. En fait, on peut utiliser n'importe quel modèle, y compris le M.88, c'est quand même le M.90 qui est le plus fréquent. Les boîtes de 10 sont réunies dans des caisses modèle 1888 contenant 135 boîtes, soit 1350 cartouches sur 270 clips.

Ces boîtes en carton, au début renforcé par des coins en fer blanc, ont une forme très typique, imposée par la disposition des cartouches sur la lame-chargeur. Elles se disposent à l'intérieur des cartouchières qui elles même ont une forme étranges, et qui existent donc en modèle droit et modèle gauche. Les étiquettes sont très descriptives et d'une couleur différents selon le type de chargement. Les mitrailleuses sont approvisionnées par bandes textiles avec renforts métalliques rappelant les bandes de Maxim.