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Mosin Nagant modèle 1891

Mosin Nagant modèle 1891

Caractéristiques:

Calibre:
7,62 mm.
Munition: 7,62 x 54 R.
Longueur totale: 1,306 m.
Longueur avec baïonnette: 1,732 m.
Longueur du canon: 0,801 m.
Poids vide: 4,400 kg.
Capacité du magasin: 5 cartouches.
Pays: Russie.

Généralités:
Léon Nagant comme bien d'autres armuriers, est un habitué de Saint-Pétersbourg. C'est là qu'il lui revient, dès 1888, que les Russes songent à remplacer leurs fusils et carabines Berdan à un coup par une arme d'épaule à répétition.

Le fabricant liégeois se met donc en devoir de contacter les autorités russes, lesquelles, sur ordre du star Alexandre III, avait décidé d'adopter une arme qui serait propre à leur armée et, au moins en partie de conception russe. Le calibre, notamment, fortement diminué par rapport au 11 mm Berdan, avait été déterminé dès le début en fonction d'une mesure russe, la ligne(pouce = 25,4 mm) de 2,54 mm, il s'agissait d'un calibre de 3 lignes, c'est à dire 7,62 mm, un calibre, ayant un bel avenir (avec du recul).

Léon Nagant est donc mis en contact avec le colonel d'artillerie Sergeï Ivanovitch Mosin, directeur de la Manufacture Impériale de Tula, qi avait été chargé de la mise au point de la nouvelle arme selon un projet qu'il mûrissait depuis un certain temps.

Les deux hommes vont travailler de concert à la mise au point du nouveau fusil, suivant les directives définies par une commission russe.

Les travaux, commencés en 1889, vont durer deux ans, après lesquels on apportera encore de menues améliorations. Si la conception générale du fusil est due au colonel Mosin, la part de Léon Nagant est loin d'être aussi mince que prétendue, et l'arme mérite bien son nom de Mosin-Nagant. En effet, Léon Nagant à partir du fusil refusé par le gouvernement belge en 1889, va mettre au point le magasin, le transporteur, la lame-chargeur, et une bonne partie du verrou, c'est-à-dire tout le système d'alimentation.

En janvier 1891, un brevet est déposé, toujours au nom des deux frères et toujours pour une arme à feu à répétition brevetée le 26 octobre 1887. Il s'agit donc bien de modifications apportées au fusil Nagant original. Ce brevet de perfectionnement, dont certains éléments ne seront pas repris sur le fusil russe, propose entre autres un système d'arrêt destiné à empêcher qu'une cartouche du magasin puisse être amené vers le haut par le mouvement du verrou si une autre cartouche est déjà dans la chambre, et même s'il s'agit d'une douille non encore éjectée; un système d'arrêt du verrou pour empêcher qu'il ne puisse être par inadvertance retiré par l'arrière: pour l'enlever, il faut en même temps presser la détente, ce que ne fait pas un tireur qui est en train de manoeuvrer le verrou pour introduire une nouvelle cartouche dans la chambre; un nouveau type de détente, très simplifiée et dont Mosin s'inspirera largement; un nouveau système de transporteur......

C'est aussi sur l'amélioration de ces éléments que porte un nouveau brevet, daté du 22 juin 1891, alors que le tsar a déjà donné son approbation à l'adoption officielle de l'arme qui, pour cette raison, portera le millésime 1891. Le but principal de ce nouveau brevet est d'améliorer encore le mouvement du transporteur, et donc des cartouches, à l'intérieur du magasin, pour rendre l'alimentation aussi aisée que possible. Le verrou est, lui aussi, modifié légèrement, se rapprochant de celui qui sera finalement adopté après l'intervention de Mosin. Sur ce même brevet, Nagant s'entête encore dans son système de portière amovible du magasin, qui sera rejeté. Mais il propose aussi une nouvelle lame-chargeur, très proche de son dessin final, lequel fera l'objet d'un dernier brevet de perfectionnement, constitué d'une petite planche de dessins, et d'une très longue description.

Une fois l'arme adoptée, il reste encore à la fabriquer dans les énormes quantités requises par l'armée russe, dont on peut évaluer les besoins en million de pièces. L'industrie russe va mettre trois ans avant de pouvoir entreprendre elle-même la fabrication, à Tula d'abord, puis à Ishevsk et Sostroyetsk ensuite. Il faudra attendre 1894 pour que les premiers Mosin-Nagant sortent de Tula. Et entre-temps, il est hors de question qu'une firme privée comme celle des Nagant , aussi solide soit-elle, puisse prendre en charge une partie importante de la production.

Les seules armes fabriquées chez Nagant, en Belgique, seront les prototypes. La précipitation des événements politiques, en cette fin du XIXe siècle, va contraindre les Russes à faire fabriquer leur fusil Modèle 1891 à l'étranger. La première commande sera honorée par la Manufacture d'Armes de Châtellerault, qui fabriquera 500 000 fusils en trois ans. Mais, malgré les débuts de la production russe, les pertes d'armes sont telles pendant la guerre Russo-Japonaise (1904-1905) que d'importantes commandes seront confiées à la S.I.G. de Neuhausen, en Suisse (arme a canon plus lourd et plus épais), à la Steyr, en Autriche, à la New England Westinghouse et à la Remington Armory, aux Etats-Unis. Les livraisons américaines s'arrêteront avec la révolution d'octobre 1917, une partie du solde étant livré comme armes d'entraînement aux troupes américaines, et le reste vendu à la Finlande, qui allait conquérir son indépendance en 1918.

Le Mosin-Nagant fit une carrière exceptionnelle, il fut le grand rival du Mauser. On le trouve aux mains des allemands grâce aux importantes quantités capturées pendant la Première Guerre Mondiale Il sera en dotation dans l'armée chinoise, qui le fabriqua sous la dénomination de Type 1953. On le rencontre chez les combattants des Brigades internationales en Espagne. On le retrouve aussi pendant la Guerre de Corée dans les rangs des forces communistes. D'autres pays le recevront en dotation sous différents modèles comme la Bulgarie, la Roumanie, la Tchécoslovaquie, la Hongrie, la Pologne.

Description:
La monture d'une seule pièce à crosse anglaise comporte un fût effilé terminé par un embouchoir. Le canon cylindrique est maintenu par une capucine et une grenadière. Il y a une baguette sous le canon.

La boîte de culasse est à six pans. La culasse mobile possède un levier d'armement droit, ses principaux éléments constitutifs sont le corps cylindrique, le chien linéaire en forme de trompette et la tête mobile, reliés par une plaquette. L'alimentation est réalisée par un magasin placé devant le pontet. Les cartouches, introduites au moyen d'une lame-chargeur, y sont placées en pile unique.

Les organes de visée sont constitués par un guidon nu sur embase et une hausse à gradins et planchette. Les gradins sont gradués de 200 à 1 000 et la planchette de 1 100 à 2 600, avec un cran fixe placé au sommet de la planchette. Il correspond à la distance de 2 700. Les distances sont graduées en arshins.

La bretelle est accrochée de façon classique à deux anneaux placés à l'avant du magasin et sous la grenadière à l'extrémité du fût, la baïonnette est à douille.

Les modifications:
La première eut lieu en 1904, avec l'apparition d'un garde-main en bois recouvrant le canon sur toute la longueur du fût.

En 1908, le remplacement de la cartouche à balle arrondie (13,7 g) par une balle cylindro ogivale pointue (9,4 g) imposa la modification de la hausse. Les graduations ne change pas mais une planchette plus large avec des graduations de 1 200 à 3 200 arshins fut installée.

A peu près à la même époque, les anneaux de fixation de la bretelle furent remplacés par des encoches dans la crosse et le fût.