Cartouches.

Lexique.

Données métriques de cartouches anciennes.
Cartouches à broche.
Cartouches à percussion annulaire
Cartouches pour armes de poing
Calibres métriques
Calibres anglais ou américains


Tiré du manuel "LES CARTOUCHES POUR ARMES PORTATIVES" de l'Ecole Supérieur et d'Application du Matétiel.


Définition:


Une cartouche pour une arme portative est ce que l'on peut appeler un coup complet idéal puisque sont réunis solidairement tous les éléments de la munition.

Utilisation:


Ces cartouches sont destinées à être utilisées dans les armes suivantes:
Fusils, carabines, mousquetons, mitrailleuses, pistolets, pistolets-mitrailleurs, révolvers.

Organisation générale:


Une cartouche est composée des éléments suivants:
-un étui,
-une amorce,
-une charge de poudre,
-une balle.

Les étuis:


C'est un élément trés important dont la fabrication doit être irréprochable et exige du laiton sans défaut et convenablement écroui, et ceci dans le but de réduire au maximum les risques de fentes. On emploie en général du laiton de 67/33.
On fabrique également des étuis en acier protégés contre l'oxydation par bondérisation ou laquage (ou quelque fois les deux).
La forme des étuis est en fonction de l'arme dans laquelle ils seront utilisés. Ils sont sensiblement cylindriques pour les pistolets, PM et révolvers et de profil tronconique plus ou moins accentué pour les fusils, FM et mitrailleuses. La légère conicité présentée par les étuis facilite l'extraction.

Fabrication:


Les étuis sont fabriqués en partant de flans (rondelles découpées dans une bande de laiton).
Ils sont soumis successivement à diverses opérations d'étampage, d'étirage et d'usinage comportant un certain nombre de recuits.



Etude d'un étui:


Sur l'étui, on distingue différentes parties qui sont:

Le collet:


Il assure la fixation de la balle par serrage et sertissage (dans la gorge pour les balles qui en sont munies). l'étanchéité du joint balle étui est assuré au moyen d'un filet vernis à la gomme laque, le plus souvent coloré.

Le raccordement:


En forme de tronc de cône, il réunit le collet au corps de l'étui. Il assure la position de chargement à l'intérieur de la chambre de l'arme.

Le corps:

Partie cylindrique ou légèrement tronconique qui contient la charge de poudre.

Le culot:


Il comporte des parois plus épaisses. On y distingue:
-la gorge destinée à donner prise à la griffe de l'extracteur, elle sert en outre au maintient de la cartouche sur la lame chargeur pour celles présentées ainsi.
-les cartouches à bourrelet, celui-ci servait à la prise de la griffe de l'extracteur et determinait la position de chargement d'une façon trés précise.
-le logement de l'amorce, évidemment pratiqué à la partie inférieur du culot.
-éventuellement l'enclume, partie de métal faisant saillie dans le logement de l'amorce. Dans ce cas, l'étui comporte une amorce sans enclumette.
-le ou les évents qui font communiquer le logement de l'amorce avec l'intérieur de l'étui. Le diamètre de ces évents est calculé de façon à obtenir une inflammation optimum de la charge propulsive.

Position chargement.


La position de chargement est donnée par la surface d'appui qui limite la course de la cartouche vers l'avant. La distance qui existe entre cette surface d'appui et le fond de la cuvette de tir (partie de la culasse de l'arme qui vient au contact du culot de l'étui est appelée feuillure.



Etuis à gorge à percussion centrale.
(à 2 évents)





Etuis à gorge à percussion centrale.
(à 1 évent)



Rôle de l'étui.


-il réunit tous les autres éléments.
-il facilite le chargement, d'où plus grande cadence de tir et possibilité d'utiliser des armes automatiques.
-récipient étanche, assure une bonne conservation de la poudre.
-au départ du coup, se dilate et vient se plaquer contre les parois de la chambre assurant ainsi une obturation parfaite.

Etuis de manufacture


Très fréquemment, on utilise, pour la confection des cartouches de tir réduit, des étuis dits de "Manufacture".
Ce sont des étuis éliminés par triage au stade de la fabrication comme présentant des défauts apparents ne mettant pas en cause la tenue du tir et la conservation. Ils sont soumis aux épreuves de recettes comme les étuis bon de guerre.

L'amorce.


L'amorce est constituée par:
-une coupelle en laiton (ou en cuivre);
-une composition fulminante, contenue dans cette coupelle;
-un paillet qui recouvre la composition et destiné à assurer l'étanchéité;
-éventuellmeent une enclumette, auquel cas l'amorce sera destinée à l'amorçage des étuis à un seul évent;
-éventuellement un couvre amorce en laiton.

Elle est maintenue dans son logement par simple forcement, ou par listel (rabat de métal provenant du culot).
L'étanchéité au joint étui amorce est assuré par du vernis à la gomme laque quelquefois coloré.



La charge propulsive.


Elle est constituée par des poudres colloïdales à simple base ou à double base qui se présentent le plus souvent sous forme de paillettes (Pa), tubes (Tu), bâtonnets (Ba) ou sphères écrasées (Spé).


Charge d'emploi.


Pour une arme donnée elle est limitée par la pression d'emploi qui est en fonction de la résistance de l'arme, elle-même tributaire des caractéristiques de cette arme.
Cependant, on s'attache dans la limite de cette pression à obtenir une vitesse initiale à peu près constante quelque soit les lots de poudre et sensiblement voisine de la vitesse tabulaire.
Une cartouche pour arme portative pouvant être tirée dans toutes les positions y compris de haut en bas, un autre facteur important entre en jeu, c'est le rapport de remplissage de l'étui. Pour obtenir à coup sûr et dans tous les cas un allumage correct de la charge, il est nécessaire que la poudre occupe à l'intérieur de l'étui un certain volume.

La balle.


Conçue pour obtenir certains effets, c'est le projectile avec lequel le tireur agit en essayant d'atteindre un point défini.

La balle, comme le sautres éléments de la cartouche n'a pas cessé d'évoluer au cours des siècles. On s'est aperçu très vite qu'il y avait intérêt à utiliser un métal de densité élevée, ceci afin de réduire le coefficient balistique.
Le plomb durci par incorporation d'antimoine, métal peu couteux, répond à cette condition. Malheureusement, on constate un franchissmeent des rayures dû à l'échauffement supporté par la balle.

Pour remédier à cet inconvénient, on recouvre les balles en plomb d'une enveloppe en métal qui doit répondre aux conditions suivantes:
-être assez résistante pour ne pas abandonner le noyau;
-être assez dure pour ne pas se déformer, mais sans toutefois user le canon de l'arme;
-être assez épaisse et peu conductrice de la chaleur, pour préserver le noyau d'un commencement de fusion.

Les métaux employés pour la fabrication de cette enveloppe sont le cuivre, l'acier, le maillechort (Cu 80% Ni 20%), le laiton, ces deux dernier étant le plus souvent utilisés.

De telles balles qui comportent un noyau en plomb surmonté d'une enveloppe sont appelées "balles chemisées".
C'est le genre de balles qui est aujourd'hui à peu près universellement employé.



La forme de la balle à également une grande influence au point de vue balistique, en particulier sur la conservation de la vitesse.
Jusqu'en 1898, toutes les balles avaient une forme à peu près identique, cylindro-ogivale (ogive d'une hauteur égale au calibre). Pour une 8 mm, la masse était de l'ordre de 15g.



A la suite de travaux par le général Desaleux, une modification du profil fût décidée. c'est ainsi qu'apparut la balle 1898/D- bi-ogivale.

Elle comportait:
-une ogive de tête très effilé et terminée par un méplat (1,4 mm);
-une partie cylindrique;
-un culot ogival.

Sa masse était de 12,8 grammes et elle présentait les avantages suivants:
-vitesse initiale de 700 m/s (640 m/s pour la Balle M);
-trajectoire plus tendue;
-portée augmentée du quart de celle de la Balle M.

Puis vers 1912 de nouveaux travaux ont conduit à l'adoption de la balle tronconique, profil encore conservé de nos jours.



Forcement.


Une des conditions essentielles de la parfaite tenue de la balle sur sa trajectoire est une bonne prise des rayures dans l'âme, même si ces dernières sont légèrement usées.
Ce résultat est obtenu par ce que l'on nomme "le forcement".

Ce forcement est rendu possible:
a)en donnant à la balle un diamètre légèrement supérieur au calibre;
b)par l'inertie au départ du coup qui produit un léger gonflement de la balle.